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        Cohabitat et développement durable  
   
 
  "J’aime le cohabitat précisément parce qu’il répond à un besoin pratique immédiat, soit de graviter dans un milieu social enrichissant, tout en satisfaisant à la nécessité plus profonde de vivre comme un citoyen planétaire, de réconcilier en quelque sorte la conscience de la dégradation de l’environnement et de la dégénérescence de notre société avec les gestes que je pose dans ma vie de tous les jours. À mon avis, pratiquement tout ce que nous faisons individuellement et collectivement dans notre communauté contribue à façonner un style de vie plus satisfaisant et plus durable que les modes de vie et les pratiques de consommation des ressources dans lesquels la plupart des (Nord) Américains sont encore englués. " (trad.)

Don Lindemann, résidant du Berkeley Cohousing
Tiré de son article « Coming Home »
(Cohousing Journal, été 1997)

Le cohabitat utilise les moyens suivants pour promouvoir le développement durable sur le plan social, économique et environnemental.


Développement durable sur le plan social

  • Communautés diversifiées et multigénérationnelles. Les communautés de cohabitat regroupent des gens de toutes sortes, que ce soit en termes d’âge, d’antécédents, de types de ménage, d’ethnie, de religion et d’affiliation politique. C’est à travers le processus collectif de planification, de conception et de prise de décision que les résidants établissent des liens qui cimentent les fondements d’une communauté permanente.
  • Participation du public. Le cohabitat s’ouvre à l’ensemble de la collectivité pour inclure d’autres participants dans son processus. Sur le plan social, un seul ordre du jour : créer un voisinage chaleureux et amical qui favorise l’éclosion de liens entre voisins.
  • Respect et souci de la vie communautaire. Les nombreux espaces communautaires sont conçus de manière à favoriser les occasions d’interactions spontanées et à renforcer le tissu social de la communauté.
  • Changement dans les pratiques et les comportements personnels. Le sentiment d’une intime connexité avec autrui peut se traduire par une redéfinition des priorités individuelles. Dans le cohabitat, le bien-être de la communauté est aussi important que le respect et la valeur de chacun des membres. Ces valeurs peuvent également englober le souci du bien-être des inconnus et des enfants à naître – ce qui correspond tout à fait à l’essence du développement durable.
  • Autodétermination démocratique. Les membres financent le développement de leur cohabitat et les décisions sont prises par voie de plein consensus. Le produit final représente donc le résultat d’une intention commune et d’un processus profondément cocréateur.
  • Condition d’égalité favorisant la réalisation de soi. Tous les membres sont sur un même pied d’égalité quant à la participation, aux positions de leadership et à l’accès à l’information.
  • Réduction des besoins en ressources humaines et en équipement de l’extérieur. Une communauté où tous se connaissent offre de multiples occasions de créer des liens qui vont de soi et d’obtenir un soutien qui réduit considérablement le fardeau de la vie quotidienne. Par exemple, les familles qui en ont besoin collaborent à l’organisation de services de garderie. Les petits détails qui représentent un défi pour l’autonomie des aînés peuvent aisément être pris en charge, ce qui réduit d’autant la nécessité d’avoir recours à de l’aide extérieure.
  • Sûreté et sécurité. « La sécurité vient de connaître ses voisins – pas des murs ni des barrières. » Caporal Dan Kelly, GRC.

Développement durable sur le plan économique

  • Les résidants-aménageurs bâtissent des habitations « à coût historique ». Les profits qui seraient normalement versés à un promoteur sont investis dans le projet : les résidants peuvent ainsi bénéficier d’une finition de meilleure qualité, d’espaces communautaires, d’un design qui tient compte de l’environnement et de tout autre caractéristique qu’ils auront choisi d’inclure dans leur cohabitat.
  • Des consommateurs informés font des choix éclairés en matière de développement durable. Les futurs résidants déterminent les caractéristiques de leur cohabitat : ils ont donc l’occasion de s’informer des coûts-avantages des différentes options qui s’offrent à eux. Comme consommateurs éclairés, ils seront plus enclins à opter pour des dépenses d’infrastructure plus élevées à court terme qui se traduiront par des économies à long terme ; ils choisiront donc des solutions écoénergétiques de meilleure qualité.
  • L’accès à des espaces communautaires contribue à réduire la taille des unités d’habitation. Plusieurs espaces peuvent être partagés : ateliers multifonctions, chambre d’amis, salle de réunion, espace pour bureau, salle de jeux, et ainsi de suite. L’accès facile à ces espaces permet de réduire la taille des maisons privées.
  • L’accès aux ressources collectives permet à chacun de réduire le nombre de ses possessions matérielles sans pour autant nuire à sa qualité de vie. Grâce au riche tissu social de la communauté, le partage des ordinateurs, des imprimantes, des télécopieurs, des équipements de sport et de camping, des congélateurs, des outils et même des automobiles, devient partie intégrante du quotidien.
  • Le travail à domicile minimise les exigences reliées au transport. Les obtacles fréquemment associés au travail à domicile, comme l’isolement social et les coûts d’infrastructure afférents à l’équipement, n’ont plus cours dans le contexte du cohabitat. En matière de télécommunications, des solutions sophistiquées facilitent également la poursuite d’occupations à la maison.
  • Une communauté ayant créé des liens peut plus facilement compter sur des ressources humaines. Le cohabitat crée un environnement où le partage des connaissances, des compétences, de l’expertise et du temps sont monnaie courante. Ainsi, partager la garde des enfants et coordonner les courses à faire sont deux exemples d’actions qui réduisent le poids des exigences de la vie quotidienne.
  • Vieillir à domicile devient possible. Les bâtiments conçus pour accommoder le vieillissement, de même que le soutien de la communauté, permettent aux aînés de conserver leur autonomie plus longtemps que s’ils habitaient une résidence traditionnelle.
  • La demande du marché confirme la valeur des cohabitats. L’expérience a démontré que les cohabitats présentent une excellente valeur de revente. Les consommateurs sont prêts à payer pour une valeur ajoutée sur le plan de la qualité et des avantages communautaires.
  • La responsabilisation et la transparence font partie intégrante du processus. Les décisions sont prises par plein consensus. Les membres ont tous accès à la même information et assument à part égale la responsabilité des décisions collectives. Cette façon de faire encourage la responsabilisation citoyenne et contribue à réduire les problématiques de responsabilité que notre société doit aujourd’hui résoudre.

Développement durable sur le plan environnemental

  • L’interaction sociale encourage les comportements favorables à l’environnement. La recherche a prouvé que dans les communautés de cohabitat, l’influence, l’échange, la coopération et le soutien contribuent à favoriser l’adoption de comportements favorables à l’environnement.
  • Utilisation efficiente de l’espace. Le cohabitat propose une formule d’habitation concentrée, à caractère familial et social, axée sur le développement durable. Typiquement, on choisira un emplacement pour sa facilité d’accès aux transports en commun et à plusieurs services suffisamment proches pour qu’on s’y rende à pied.
  • Modes de transport alternatifs. Il a été prouvé que grâce aux liens tissés entre les résidants, l’importance accordée aux aires de stockage des vélos et aux possibilités de covoiturage contribue à diminuer l’utilisation de l’automobile et à réduire la nécessité d’en posséder une.
  • Jardinage biologique. Là où la situation s’y prête, le jardinage biologique est intégré au cohabitat, favorisant ainsi la création d’une source locale d’approvisionnement.
  • Espèces indigènes dans l’aménagement paysager. Cette façon de faire met en valeur l’écosystème local, en plus d’exiger moins d’entretien et de pesticides, et de réduire l’utilisation de l’eau.
  • Préservation de l’habitat naturel. Là où elles se sont implantées sur des terres plus vastes, les communautés de cohabitat ont pris soin de préserver l’habitat naturel dans la mesure du possible et de regrouper les unités d’habitation de manière à réduire l’incidence de la présence humaine sur l’environnement.
  • Gestion efficace de l’eau et des déchets. Le recyclage sur le chantier de construction est typique des nouveaux aménagements. Dans les cohabitats achevés, le compostage et le recyclage ont été poussés très loin grâce à l’ajout de systèmes de collecte communautaire des déchets généralement exclus du programme « boîte bleue ». La communauté du Quayside Village a incorporé à son projet le recyclage des eaux grises. Quant aux membres de la Cranberry Commons, ils recueillent l’eau de pluie dans des barils afin de réduire la demande en eau potable.
  • Efficacité énergétique et utilisation de sources d’énergie alternatives. À la suite d’une analyse coûts-avantages, les membres de la Cranberry Commons ont choisi d’assumer des dépenses d’infrastructure plus élevées pour l’installation d’un système de chauffage hydronique par plancher radiant équipé d’une chaudière écoénergétique et augmenté de capteurs solaires à eau chaude.
  • Matériaux choisis en fonction de l’analyse de leur contenu énergétique et de leur incidence sur l’environnement. Les membres de la Cranberry Commons ont opté pour du béton de cendres volantes à grand volume, matériau dont la production émet cinquante pour cent (50 %) moins de gaz à effet de serre que celle du ciment, utilisant ainsi à des fins constructives un produit de résidus de la combustion du charbon. Ils ont également utilisé environ dix pour cent (10 %) de bois de charpente récupéré dans la construction de leur cohabitat, réduisant ainsi l’incidence de l’activité humaine sur les forêts et répondant de façon pratique aux préoccupations entourant la récolte de la ressource.
  • Partage des ressources et achats en vrac. Les nombreux espaces communautaires accessibles aux membres renforcent le tissu social et font du partage des ressources un élément courant du quotidien.

 
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